Marina Abramović annonce METHOD, un avatar numérique développé avec le studio TAEX, censé rejouer ses performances sans sa présence physique. Les détails du dispositif, qu’il s’agisse de la captation, du moteur ou des lieux de diffusion, ne figurent dans aucune des sources que nous avons pu recouper. On s’en tiendra donc au geste.

Le calendrier, lui, est vérifiable. L’artiste serbe fête ses 80 ans plus tard cette année, rappelle The Art Newspaper, qui détaille un programme chargé. Seven Deaths investit Cisternerne, ancien réservoir d’eau souterrain de Copenhague. Transforming Energy s’installe aux Gallerie dell’Accademia de Venise, sous le commissariat de Shai Baitel. Deux lieux chargés d’histoire, deux expositions où le corps de l’artiste reste l’unité de mesure.

Reste le paradoxe. Une œuvre fondée sur la présence, la durée, la fatigue et le risque, se trouve confiée à un double qui n’éprouve rien de tout cela. Si METHOD tient ses promesses, les institutions devront trancher entre programmer une performance et exposer une archive animée. C’est la question que toute la scène immersive se pose désormais sur la transmission du répertoire vivant.