Olafur Eliasson a installé Deep seeing currents dans la rotonde de l’ARTIS-Aquarium d’Amsterdam, fraîchement restauré. L’œuvre est permanente et ouvre au public le 3 octobre selon le magazine See All This. L’ARTIS la présente comme une expérience des grands fonds.
Le dispositif tient en trois registres, détaille See All This. Une lumière faible tombe comme de la neige marine. Un paysage sonore spatialisé mêle chants de baleines, grondement de sources hydrothermales et bruits humains. Des vibrations traversent le corps pour figurer la pression. IamExpat insiste sur le renversement : l’abysse ne se scrute plus vers le bas, il se tient au-dessus de soi. Le média rappelle que le sonar a cartographié environ 28,7 % des fonds marins, quand l’œil humain en a vu moins de 0,001 %. D’où la question posée par Eliasson aux visiteurs : consomme-t-on ses expériences, ou les produit-on ?
Une institution consacrée au vivant confie donc à un artiste ce que ses bassins ne peuvent pas montrer : l’invisible. L’immersion ne sert plus ici à illustrer la nature, elle mesure notre ignorance.