La Haus der Kunst, à Munich, revient avec Ancestral Futures sur plus de vingt ans de travail de Tomás Saraceno. L’artiste argentin installé à Berlin imagine, en réaction à l’anthropocentrisme, des œuvres qui mettent en scène l’interdépendance entre humains, autres espèces et environnement.
Les araignées, l’un des fils conducteurs de son œuvre, occupent une place importante dans l’exposition. Dans la série Webs of At-tent(s)ion, menée depuis une dizaine d’années, plusieurs espèces tissent leurs toiles dans des structures transparentes conçues par l’artiste.
D’autres installations sollicitent le corps du visiteur. Dans Algo-r(h)i(y)thms, un vaste réseau de cordes suspendues inspiré de la perception vibratoire des araignées, il faut se faufiler, se baisser, toucher et mettre la structure en vibration pour la parcourir.
Plus loin, Museo Aero Solar (2007–en cours), vaste enveloppe réalisée à partir de sacs plastique, se gonfle grâce à l’énergie produite par des visiteurs pédalant sur des vélos fixes. L’installation transforme ainsi un assemblage de rebuts en volume mouvant, directement activé par le public.
L’exposition présente aussi le projet The Sanctuary of Water, conçu avec les onze communautés autochtones de Red Atacama, à Salinas Grandes, où l’extraction du lithium menace les cycles de l’eau. Cette œuvre permanente, réalisée sur place en Argentine, prolonge une collaboration engagée autour de la défense du territoire et de ses ressources en eau.
Derrière le caractère spectaculaire de ces dispositifs revient une même question : comment vivre dans un monde que nous partageons avec d’autres êtres et dont les ressources ne sont pas inépuisables ?