En mai 2026, Chaillot — Théâtre national de la Danse et TMNlab ont consacré deux journées de rencontres aux œuvres hybrides et à la scène numérique, IA comprise. Le compte rendu publié par TMNlab y constate l’existence d’un patrimoine déjà constitué.
La liste fait office de canon. Elle réunit VR-I de Gilles Jobin, présentée comme la première pièce chorégraphique mêlant danse et réalité virtuelle, et Noire, de Tania de Montaigne, Stéphane Foekinos et Pierre-Alain Giraud. On y trouve aussi To Be a Machine de Dead Centre, spectacle en distanciel marqué par le COVID, les exosquelettes d’Inferno de Bill Vorn et Louis-Philippe Demers, Le Bal de Paris de Blanca Li et Je suis une montagne d’Éric Arnal-Burtschy,. La réalisatrice Joséphine Derobe y voit des sources d’inspiration essentielles, mais déplore que ce corpus soit difficile d’accès.
D’où la proposition, relayée par TMNlab, de créer des lieux de conservation, sur le modèle des cinémathèques ou des artothèques. Ces établissements devraient également se charger de l’étude artistique et non pas seulement technologique de ces œuvres. C’est la bonne bataille : sans conservation ni regard critique, chaque génération d’artistes hybrides repart de zéro, et chaque casque devenu obsolète emporte une œuvre avec lui.